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Télévision, smartphone, ordinateur, tablette… les écrans font partie de notre quotidien et celui des enfants. Pourtant, l’utilisation des écrans chez les enfants de moins de 3 ans est déconseillée.

L’omniprésence des écrans chez les enfants de moins de 3 ans

 

Les écrans sont omniprésents dans le quotidien des enfants. La télévision est l’outil numérique le plus utilisé par les enfants qui ont entre 0 et 3 ans :
•  1 enfant sur 2 commence à regarder la télévision avant 18 mois.
• Les enfants de 8 à 16 mois passent en moyenne 1 heure par jour devant la télévision.
• Les enfants de 2 à 4 ans passent en moyenne 2 heures par jour devant la télévision.

L’usage de la tablette, de l’ordinateur et du smartphone est en revanche beaucoup moins fréquent à ces âges-là. L’usage des jeux vidéo est quant à lui extrêmement rare.

L’utilisation précoce des écrans chez les enfants s’explique par :
• L’abondance des outils numériques dans les foyers : télévision, ordinateur, smartphone, tablette, console de jeux vidéo…
• L’abondance des programmes de télévision et d’applications destinés aux enfants.


Le CSA et les professionnels de l’enfance déconseillent pourtant l’exposition des tout-petits aux écrans, parce qu’ils peuvent avoir des effets néfastes sur leur développement.

Pourquoi les écrans sont-ils déconseillés pour les enfants de moins de 3 ans ?

Une surexposition aux écrans peut avoir des impacts négatifs sur le développement psychique et physique des enfants de moins de 3 ans.

Les écrans peuvent limiter l’enfant dans sa découverte du monde

Pour découvrir et appréhender le monde qui l’entoure, l’enfant de moins de 3 ans a besoin de développer ses capacités sensorielles (la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe et le toucher). Il a besoin d’observer, de jouer, de toucher, de sentir, de goûter…
Le problème avec les écrans, c’est que l’enfant ne peut pas développer et utiliser tous ses sens. Sa relation au monde est réduite à ce qu’il voit et entend.

Pour explorer et se familiariser avec son environnement, le tout-petit a également besoin de construire ses repères spatio-temporels.
Pour se repérer dans l’espace, l’enfant doit apprendre à organiser l’espace qui l’entoure et à se percevoir lui-même dans cet espace. Cette acquisition n’est possible qu’en bougeant.

Pour se repérer dans le temps, l’enfant doit apprendre qu’il y a un début / un avant, un milieu / un pendant, une fin / un après. Les histoires, les jeux, les rituels… sont de très bons moyens pour apprendre cette notion de temps. En revanche, il est difficile pour l’enfant de construire ses repères temporels devant les écrans, car le monde tourne en boucle : les chaînes de dessins animés ne s’arrêtent jamais, les jeux sur tablette sont sans fin…


Les écrans peuvent donc limiter l’enfant dans sa découverte du monde en l’enfermant dans un statut passif de spectateur. Cette passivité l’empêche de développer l’ensemble de ses capacités sensorielles et ses repères spatio-temporels.

Les écrans peuvent créer chez l’enfant un manque de sens et une confusion entre le réel et le virtuel

L’enfant de moins de 3 ans a besoin de comprendre le monde qui l’entoure et de distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas.
Les images des écrans exercent une hyperstimulation visuelle et auditive supérieure au monde réel. Les images des écrans, notamment celles de la télévision, changent toutes les 4 secondes. L’enfant ne peut pas comprendre l’enchaînement logique de ces images et donc ne pas comprendre ce qu’il regarde.
De plus, une surexposition aux écrans peut amener l’enfant à confondre le monde réel avec le monde virtuel des écrans.

Les écrans peuvent perturber les relations affectives et sociales de l’enfant

L’enfant de moins de 3 ans a besoin d’avoir une relation de qualité avec ses parents : communiquer, partager des moments, avoir des liens d’attachements, se sentir aimé et écouté. Cette relation joue un rôle important dans le bien-être et le développement psychique de l’enfant. Elle aura également un impact sur ses futures relations sociales.
Cette relation affective peut être perturbée par les écrans, s’ils sont trop présents dans le quotidien. Devant un écran, l’enfant est hypnotisé par ce qu’il regarde et entend. Il se coupe de soi, de son corps et des autres. Quant aux parents, ils peuvent aussi être captivés par les écrans et mettre au second plan un moment passé avec leur enfant (pour répondre à un message, lire leurs notifications, prendre une photo pour la poster sur les réseaux sociaux…). Les écrans ont tendance à détourner l’attention et prendre le pas sur les interactions réelles.

Une surexposition aux écrans peut également avoir un impact sur les futures relations sociales de l’enfant en provoquant un défaut d’empathie émotionnelle : l’enfant n’arrive pas à identifier et à comprendre les émotions des autres. Ce défaut d’empathie émotionnelle peut engendrer un repliement sur soi lorsqu’il sera plus grand, car il aura des difficultés à communiquer avec les autres.

Les écrans peuvent retarder l’apprentissage du langage chez l’enfant


Entre 0 et 3 ans, l’enfant découvre et développe son langage pour apprendre à parler. Les écrans peuvent retarder cet apprentissage. D’après une étude de l’université de Toronto publiée en 2017, le retard dans l’apprentissage du langage est directement lié au temps passé devant un écran. Sur près de 900 enfants âgés de 6 mois à 2 ans suivis entre 2011 et 2015, les chercheurs ont observé un risque accru de 49  % de retard de la parole pour chaque demi-heure quotidienne d’écran.

Les écrans peuvent provoquer des difficultés d’attention et de concentration chez l’enfant

Pour apprendre à se concentrer, le tout-petit a besoin de développer ses capacités d’attention et de concentration en jouant. Plus les périodes de jeu sont longues, plus l’enfant développe ses capacités. Plusieurs études ont démontré que lorsqu’un enfant joue dans une pièce où la télévision est allumée, même s’il ne la regarde pas, son attention et sa concentration sont perturbées. L’enfant passe moins de temps à jouer, car il est dérangé par la télévision. Il n’est donc pas dans des conditions idéales pour développer ses capacités. Plus tard, les difficultés d’attention et de concentration de l’enfant peuvent avoir des répercussions sur ses performances scolaires.

Les écrans peuvent rendre sédentaire, perturber le sommeil et endommager la vue de l’enfant

L’enfant de moins de 3 ans a besoin d’être actif physiquement pour se développer et être en bonne santé. Devant un écran, l’enfant est immobile. Une exposition régulière aux écrans engendre un comportement sédentaire néfaste pour l’enfant.

À cause de la lumière bleue qu’ils émettent, les écrans peuvent perturber le sommeil de l’enfant. Cette lumière affecte la production de mélatonine, l’hormone qui régule le rythme veille/sommeil. Regarder des écrans le soir peut entraîner un décalage de l’horloge biologique de l’enfant et donc retarder son endormissement.

La vue de l’enfant peut également être endommagée par les écrans. Une vision trop rapprochée, un temps d’exposition trop long ainsi que la lumière bleue émise par les écrans fatiguent les yeux. Sur le long terme, cela peut provoquer des troubles de la vision telle que la myopie.

Conclusion

Avant 3 ans, l’enfant a besoin de développer toutes ses capacités psychiques et physiques pour explorer, comprendre et interagir avec le monde qui l’entoure. Or, les écrans peuvent limiter cette découverte en nuisant au développement et au bien-être de l’enfant. C’est pourquoi les écrans sont déconseillés avant 3 ans.

Article rédigé par Coralie DUPONT